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Van Aert frappe un grand coup au Tour de France: «J’ai senti que je volais»

Van Aert frappe un grand coup au Tour de France: «J’ai senti que je volais»

Wout, votre coup de force est magistral…

Normalement, la troisième est la bonne mais pour moi, c’est la quatrième fois (rires). Gagner au sprint, c’est top évidemment mais arriver seul, c’est presque impossible sur le Tour de France. Alors, le faire en jaune, avec ce maillot mythique… C’est formidable.


Que signifiait votre geste, dans la dernière ligne droite ? Un envol vers la gloire ?

On peut dire ça. Je voulais montrer que le maillot jaune me donne des ailes. J’ai vraiment senti que je volais, dans les derniers kilomètres, seul, en jaune, vers la victoire. J’ai vraiment travaillé pour ça, pour ce maillot, pour cette victoire. Un truc de fou.


Malgré le maillot jaune, il y avait de la frustration après vos trois deuxièmes places au Danemark. Elle est évidemment complètement évacuée?

Je pense que j’étais le plus patient du monde entier. Je savais, je sentais que la victoire allait arriver. Honnêtement, faire deuxième au sprint, je ne m’y attendais pas spécialement. Je savais que la suite, une fois en France, allait mieux me convenir. J’étais évidemment motivé…


Et le coup, lui, était prémédité…

Oui, c’était assez évident qu’on allait tenter quelque chose. On avait pointé cette étape car, si vous regardez le profil, il y avait énormément de montées et de descentes même si on espérait qu’il y ait plus de vent pour faire les grandes manœuvres plus tôt. Du coup, dans la côte, le plan, c’était autant d’éliminer les sprinters dans l’optique du maillot vert que faire des dégâts au niveau du classement général avec Primoz (Rogic) et Jonas (Vingegaaard). On savait que durcir dans la montée était une bonne chose sur ces deux points. Nathan (Van Hooydonck) a fait un travail de fou pour étirer le groupe et me placer, un peu comme il le fait déjà lors des sprints. Tiesj (Benoot) m’a mis sur une autre dimension. Ils avaient fait la moitié du travail… même si, au sommet, je ne m’attendais pas à me retrouver seul…


Du coup, là, vous avez hésité ?

Un peu mais je ne voulais plus prendre de risques (rires). J’ai vu qu’il y avait un écart et que Jonas était juste derrière, avec Yates. J’ai entendu à la radio que Primoz était aussi dans le bon coup. Pour moi, c’était le signal. J’ai continué. Après, c’était à fond. Long… Dix kilomètres de souffrance, à chaque coup de pédales… avant la délivrance.


Vous avez douté quand vous avez entendu que l’écart sur le groupe derrière commençait à diminuer ?

Quand vous vous retrouvez seul en tête, c’est difficile d’imaginer ce que représentent vingt secondes. J’avais du mal à comprendre l’avance que j’avais. Je ne savais pas comment ça roulait derrière, si c’était organisé ou pas. On me disait juste qu’il y avait seulement deux hommes qui travaillaient… Finalement, c’est passé.


Vous consolidez votre avance au niveau du maillot jaune et le maillot vert semble déjà tricoté sur vos épaules. Après seulement quatre étapes et juste avant les pavés. Vous y aurez à nouveau carte blanche où il vous faudra rester avec vos leaders ?

C’est extrêmement difficile de prédire ce qui va se passer sur une étape de la sorte. Ce sera terriblement nerveux, c’est certain. Le but sera surtout d’éviter les problèmes mais on va y débarquer avec énormément de confiance, conscients qu’il y a un coup à faire. On a une équipe typée classique, habituée à jouer sur les pavés. Pour nous, c’est amusant de faire cette étape sur le Tour, c’est une opportunité, nettement plus qu’une étape où il faudra survivre. Le but sera d’aider Primoz et Jonas mais on attend vraiment quelque chose de cette étape…


Justement, comment appréhendez-vous votre rôle d’ange gardien pour vos deux leaders ?

Jusqu’à présent, je n’ai pas vraiment joué ce rôle. Je n’avais pas à regarder derrière moi ou après eux, Tiesj et Nathan sont là pour ça (sourire). Après, on essaye de combiner les deux même si ce n’est pas évident mais je ne peux pas m’imaginer pédaler le Tour de France en restant à l’arrière du peloton, à regarder autour de moi. Je me mets des objectifs chaque jour, je ne m’imagine pas le faire autrement. En même temps si Primoz avait été lâché ici, j’aurai évidemment fait demi-tour… (ironie lisible sur son visage).






Par Sébastien Close

Le 5/07/2022 à 21:51


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