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Une opération commando de l’armée ce mercredi à Tournai

Une opération commando de l’armée ce mercredi à Tournai

Quai du Luchet d’Antoing, le long de l’Escaut, à Tournai, ce mercredi à 8 heures. Alors que le soleil commence à se montrer généreusement, des Zodiac noirs de l’armée surgissent à grande vitesse. Des hommes lourdement armés grimpent sur le quai avant de partir en courant derrière un bloc d’immeubles. Pour sécuriser leur progression, d’autres militaires les couvrent. Très vite, un hélicoptère NH90 apparaît sur la zone. Il se stabilise au-dessus d’un espace vert. De nouveaux militaires en descendent à l’aide d’une corde tandis qu’une fusillade éclate entre les occupants de deux voitures et les soldats arrivés par les eaux. Assez rapidement, les occupants de la voiture sont maîtrisés. A l’aide de chiens, des militaires inspectent les véhicules et en sortent des objets suspects, probablement des explosifs. Les suspects sont évacués par les airs.

TOURNAI MILITARY EXCERCICE NEMESIS (6)
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TOURNAI MILITARY EXCERCICE NEMESIS (2)
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L’opération est un exercice à taille réelle mené par le 2e bataillon de commandos de Flawinne, une unité rattachée au régiment des opérations spéciales. Baptisé Nemesis, cet exercice rassemble 250 militaires. A part Tournai, des opérations ont également lieu à Chièvres, Binche et Morlanwelz. Vendredi, c’est le centre-ville de Nivelles qui sera le théâtre d’un exercice spectaculaire puisque le bourgmestre Pierre Huart va être extrait de la maison communale et évacué en hélicoptère. Au cours de ces manœuvres, les soldats effectueront des sauts en parachute à différents endroits ainsi que des atterrissages d’assaut pour s’entraîner aux insertions en territoire hostile.

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« Cette manœuvre est destinée à entraîner ce bataillon d’élite à exécuter des opérations à caractère spécial sur divers objectifs en terrain civil », explique le général-major Pierre Gérard, commandant de la composante Terre. « Nous en faisons entre quatre et six chaque année. Le plus souvent dans la province du Luxembourg ou en région de Hannut pour des raisons logistiques car les unités spéciales sont localisées dans ces zones. »

Des militaires tous terrains

Les capacités des commandos de Flawinne sont très larges. Ils peuvent intervenir sur tous types de terrains. « Nous assurons la protection de VIP », explique le colonel Frédéric Linotte, commandant du régiment des opérations spéciales. « Nous sommes également actifs pour le moment au Niger dans la lutte contre le terrorisme. Nous aidons aussi des régimes à installer des appareils d’Etat. Bientôt, nous allons relancer notre collaboration avec le Congo. »

S’entraîner en milieu urbain n’est pas un caprice ou du spectacle pour les militaires. « Travailler en milieu complexe est important pour nous », justifie le colonel Cédric Van der Vorst, chef de corps du bataillon de Flawinne. « Ça nous permet de gérer les risques et les dégâts collatéraux. »

Outre le fait qu’il sert d’entraînement, l’exercice Nemesis a aussi pour but d’évaluer la transformation en cours du bataillon de commandos de Flawinne. « Lors de la préparation de la Vision stratégique précédente de la Défense, certaines tâches prioritaires ont été identifiées », poursuit le colonel Linotte. « Pour pouvoir les réaliser, il a fallu que le bataillon devienne une unité spéciale. Ce travail est en cours. Il nécessite des révisions profondes de certains schémas de travail pour nos snipers, nos plongeurs ou encore nos drones de détection. La reconnaissance spécialisée évolue aussi comme nos actions directes telles que la neutralisation de terroristes. Nous sommes à mi-chemin. »

Les commandos sont des militaires tous terrains. Ils ont récemment participé à l’évacuation des ressortissants belges bloqués en Afghanistan. Pourraient-ils intervenir en Ukraine ? « La possibilité d’y aller un jour existe », répond le colonel Linotte. « Nous sommes prêts mais la décision ne nous incombe pas. Nous avons la capacité de partir dans un délai de 24 heures. » « C’est un régiment très spécialisé », ajoute le général Gérard. « Quand on les engage, on sait pourquoi. Cependant, je ne pense qu’ils partiront un jour en Ukraine. Ou alors pour aider l’armée ukrainienne à s’améliorer. »

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Aux côtés de commandos de Flawinne se trouvaient ce mercredi matin des militaires français attachés au 8e régiment parachutiste d’infanterie de marine de Castres. Les liens entre les deux unités remontent à longtemps. « Partager ce genre d’exercice avec la France est important », estime la ministre de la Défense Ludivine Dedonder, présente ce mercredi. « Ça permet de développer et pérenniser l’interopérabilité entre les unités militaires européennes. On le voit dans le conflit ukrainien où des militaires belges sont déployés en Roumanie sous commandement français. »

La ministre Ludivine Dedonder était présente lors de l’exercice Nemesis du 2e bataillon de commandos de Flawinne.
La ministre Ludivine Dedonder était présente lors de l’exercice Nemesis du 2e bataillon de commandos de Flawinne. – BELGA






Par Frédéric Delepierre

Journaliste au service Société
Le 20/04/2022 à 14:54


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