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Rosatom veille sur les centrales nucléaires russes… et les missiles

Rosatom veille sur les centrales nucléaires russes… et les missiles

Héritière du ministère russe – et avant cela soviétique – de l’énergie atomique, la Société nationale pour l’énergie atomique – ou Rosatom en abrégé –, constituée en tant que telle en 2007, est le bras nucléaire de l’Etat russe. C’est un immense conglomérat qui est composé de plus de 300 sociétés ou filiales, et qui emploie plus de 275.000 travailleurs. Particularité de Rosatom, qui la distingue de toutes ses concurrentes à travers le monde : c’est un groupe intégré qui recouvre tous les aspects de l’exploitation de l’énergie atomique – conception, construction, gestion, entretien et démantèlement de centrales nucléaires ; extraction, conversion et enrichissement de l’uranium pour en faire du combustible nucléaire ; traitement et gestion des déchets ; production d’isotopes médicaux ou pour la recherche ; gestion de la flotte russe des brise-glace nucléaires ; etc.

Atomenergoprom, la filiale de nucléaire civil de Rosatom, exploite le parc nucléaire russe, composé de 38 réacteurs – plus trois réacteurs en cours de développement – affichant une puissance totale d’un peu plus de 30 GW, qui produisent 20 % des besoins électriques de la Russie. Rosatom est également un des principaux constructeurs de centrales nucléaires dans le monde, avec 34 réacteurs à différents stades de développement – neuf sont opérationnels – un peu partout sur la planète (Biélorussie, Turquie, Iran, Inde, Chine, Bangladesh, Egypte), y compris en Europe (Hongrie, Slovaquie). Il vient toutefois de perdre son contrat pour la construction d’un réacteur en Finlande. On notera que le géant russe est également le seul à opérer deux petits réacteurs modulaires (ou SMR, pour « small modular reactors »), installés sur le navire Akademik Lomonosov qui est amarré dans le port de la petite ville sibérienne de Pevek qu’il alimente en électricité.

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Mais Rosatom n’est pas active que dans le nucléaire civil. C’est également elle qui est responsable du développement, de la production et de la modernisation de l’arsenal nucléaire russe. Dans un rapport publié en 2018, l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sirpi) estimait qu’en 2016, un peu moins de 100.000 employés de Rosatom travaillaient dans sa division nucléaire militaire. Toujours selon le Sirpi, l’essentiel de ce personnel est localisé dans dix « villes interdites », appelées « formations administratives territoriales fermées ». Cette activité reste entourée d’un grand secret : Rosatom ne fait aucune mention de son activité militaire ni sur son site internet, ni dans ses rapports annuels.



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Par Bernard Padoan

Journaliste au service Economie
Le 4/05/2022 à 18:22


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