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Remco Evenepoel: «Je suis battu par plus fort»

Remco Evenepoel: «Je suis battu par plus fort»

Remco Evenepoel avait raison de craindre ses adversaires, « tous de solides grimpeurs expérimentés », comme il le répéta à plusieurs reprises à l’approche de cette étape décisive du Tour de Valence. Aleksandr Vlasov, le seul à avoir pu limiter les dégâts derrière le Belge le premier jour à Torralba del Pinar, a hissé sa carcasse, son expérience et sa connaissance du parcours pour prendre une solide revanche sur son adversaire.

On pourra à l’infini discuter de l’intérêt de placer des chemins empierrés dans un final déjà très sévère en termes de dénivelé, dès lors qu’il convient sans doute de laisser à leurs courses comme les Strade Bianche ou Paris-Roubaix leurs spécificités, mais cet élément fait aujourd’hui de plus en plus partie des ingrédients proposés aux coureurs dans les courses par étapes.

« Du pain et des jeux, ou plutôt… du sang et des jeux ? », s’interrogeait Patrick Lefevere en matinée sous le soleil d’Alicante où le manager de Quick Step venait d’arriver. Il n’y eut, heureusement, aucun heurt physique à déplorer. Evenepoel a résisté tant bien que mal sur le secteur empierré de Tibi vendredi avant de céder sur l’accélération de Vlasov sur la fin du secteur. C’est ensuite que le Brabançon n’a pu récupérer sur le dernier kilomètre bitumé, au contraire. Les efforts consentis, notamment de concentration, sur les 1.700 mètres de cailloux ont été manifestement conséquents car d’autres adversaires ont pu le doubler, dont l’autre « jeune » du groupe, l’Espagnol Carlos Rodriguez, 21 ans, la nouvelle pépite de l’équipe Ineos.

Evenepoel n’en conçut aucune amertume, dans une attitude bien en contraste avec ses frustrations italiennes l’année dernière ou au Tour du Benelux. Il se montra au contraire très sportif dans son analyse.

« Le résultat aurait sans doute été le même sans le secteur de pierres mais je maintiens, comme la plupart de mes collègues, que le stress qui nous est imposé par ces originalités dans les courses par étapes n’est pas nécessaire. C’est d’autant plus dommage que le parcours de cette étape était vraiment splendide. J’ai abordé le secteur avec difficulté, j’avais pris un écart mais je suis revenu sur les meilleurs. C’est peut-être là que j’ai laissé des forces. »

Les enseignements à tirer de cette ultime montée ne doivent en aucun cas s’appuyer sur l’appellation « off day ». Ils seront en revanche importants pour améliorer les choses que Remco Evenepoel doit encore apprendre. Il n’avait ainsi jusqu’ici jamais cédé une tunique de leader sur une course par étapes dont il était le patron (Argentine, Algarve, Burgos, Pologne, Danemark, Tour de Belgique).

L’expérience, même si elle est douloureuse, est très utile. Evenepoel ne peut pas gagner toutes les courses auxquelles il participe. Trois éléments le désavantageaient dans ce Tour de Valence : l’absence d’un contre-la-montre, le morceau empierré et quelques jours de course en moins que ses adversaires (Vlasov, Mas, Valverde, etc. étaient présents au challenge de Majorque). Dans ces conditions, il est impossible de parler d’échec, a fortiori avec une deuxième place au général.

Aleksandr Vlasov, recruté par Bora à prix d’or dès lors que le départ de Sagan offrait de l’argent frais à l’équipe allemande, n’a que 25 ans et déjà des références que Remco Evenepoel ne possède pas encore : deuxième de Paris-Nice, quatrième du Giro, troisième du Tour de Lombardie… Le Russe n’est pas spectaculaire mais c’est un excellent coureur de classements. « Il était déjà très fort mercredi et, aujourd’hui, il était tout simplement le meilleur », ajouta Evenepoel. « Je n’ai donc pas le droit d’être déçu face à un tel adversaire. Je me suis senti bien toute la journée sauf à la fin du secteur empierré. Mes jambes ne répondaient plus, elles étaient bourrées d’acide lactique, il y avait un kilomètre de trop pour moi. »

« La condition optimale n’est pas encore là »

Les Movistar Mas et Valverde jouent quant à eux à domicile munis d’une expérience incomparable. Evenepoel a besoin d’adversité pour apprendre son métier. C’est pour cette raison qu’il montera le curseur de plusieurs crans, en mars prochain, à l’occasion de Tirreno-Adriatico. « Je suis deuxième d’un classement devant des coureurs de classe mondiale. C’est ma première course, la condition optimale n’est pas encore là, je dirais heureusement d’ailleurs. Pour l’équipe, j’aurais aimé l’emporter car elle a encore effectué un travail de titan ce vendredi mais il reste deux belles étapes à gagner avec Fabio Jakobsen. Je ferai partie du train comme c’était le cas jeudi tout en défendant ma place sur le podium. Ensuite, un peu de repos avant d’affronter le Tour d’Algarve. »






Par Stéphane Thirion

Le 4/02/2022 à 21:09


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