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La chaleur intense nous arrive et ce n’est qu’un début

La chaleur intense nous arrive et ce n’est qu’un début

Les modèles météorologiques convergeaient de plus en plus. Désormais, c’est une certitude : la température va fortement grimper dans les jours à venir. On devrait frôler les 30ºC en milieu de semaine (NB : à l’ombre, sous abri) et les atteindre voire les dépasser le week-end prochain. Il faut espérer que, comme lors de la précédente bouffée de chaleur, la Belgique se trouve en périphérie d’un dôme qui va se centrer sur le nord-ouest de la France. Mais ce n’est pas certain.

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Il y a de quoi s’inquiéter. Le dôme qui s’annonce gratifiera nos voisins d’une vague de chaleur particulièrement gratinée. Selon Météo-France, la température pourrait dépasser 35ºC en Nouvelle-Aquitaine, en Occitanie et en vallée du Rhône. Le week-end prochain, elles pourraient atteindre voire dépasser 38ºC pour flirter avec les 40ºC par endroits. Elle devrait également se poursuivre plusieurs jours. L’Espagne sera également fortement impactée par la chaleur, originaire cette fois de couches d’air chaud provenant de l’Atlantique et redescendant vers l’Hexagone en se comprimant au-dessus d’un sol déjà fortement desséché. Une « goutte froide » – une dépression tournant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre – située au large du Portugal alimentera le dôme avec de l’air chaud provenant d’Afrique du Nord.

De plus en plus chaud

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En 2019, la Belgique avait connu trois vagues de chaleur, selon l’IRM. 2020 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée chez nous. De quoi 2022 sera-t-il fait ? Après un hiver et un printemps plutôt chaud, en Belgique, l’Europe dans son ensemble a connu le deuxième mois de juin le plus chaud jamais enregistré, soit environ 1,6 ºC au-dessus de la moyenne, indique Copernicus, le service européen pour le changement climatique. Plusieurs pays européens ont connu des vagues de chaleur intense (France, Espagne, Italie).

Une préfiguration de l’avenir ? Toutes les études le montrent. Selon le dernier rapport sur l’impact socio-économique du changement climatique en Belgique, les projections détaillées montrent que, par rapport à la période de référence 1981-2014, le nombre de jours de canicule par an en zone rurale devrait passer d’un peu moins de 1 à près de 27 pour la période 2041-2074 pour un scénario d’émission extrême (7 pour un scénario moyen). Mais la situation serait bien plus grave dans les villes : le phénomène d’îlot de chaleur urbain y pousse le nombre de jours de canicule à 41 par an. « Cet effet urbain est très important pour la Belgique, disent les chercheurs, étant donné que la plupart des habitants vivent dans des villes et des villages ».

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À Namur, pointe le dernier diagnostic des risques environnementaux en Wallonie, le cumul annuel des jours de fortes chaleurs qui est de 7,4 jours sur 1991-2000, passerait en 2100 à 40,4 dans un scénario d’émission moyen, et à 58,4 pour un scénario extrême.

À Bruxelles, relève le nouveau plan climat de la Région, au moins une vague de chaleur est attendue par été, à la moitié du siècle. Selon le scénario de l’évolution des gaz à effet de serre le plus pessimiste, il faut même s’attendre en 2100, pour le centre-ville, à ce que le nombre de vagues de chaleur ait triplé, que leur intensité ait doublé et que leur durée ait augmenté de 50 %.

En 2050, estime Xavier Fettweiss, climatologue à l’ULiège, la Belgique comptera deux fois plus de jours au cours desquels la température maximale dépassera 30ºC.

Un problème de santé publique

Cette montée en puissance ne manque pas de susciter des inquiétudes. Les vagues de chaleur sont, déjà à l’heure actuelle, une cause très importante de problèmes de santé au sein de la population. Elles entraînent une augmentation des admissions à l’hôpital, parfois des accouchements prématurés, et surtout une surmortalité importante due à la chaleur. Une température ambiante élevée provoque des maladies telles que l’épuisement dû à la chaleur et les coups de chaleur, et aggrave les symptômes de plusieurs maladies cardiovasculaires et pulmonaires. Pour toute la Belgique, on estime que chaque année jusqu’à 60.000 personnes supplémentaires devront être hospitalisées en raison du stress thermique pendant les étés chauds à venir. Un lien a par ailleurs été établi entre les épisodes de canicule et des problèmes de santé mentale, notamment un nombre plus élevé de troubles de l’humeur, des tentatives de suicide, une augmentation de l’agressivité et de la violence. Les patients souffrant de troubles mentaux préexistants sont particulièrement vulnérables.

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En Wallonie, dit le diagnostic, la surmortalité liée aux vagues de chaleur passerait de 20 personnes à 300 personnes par an pour un coût estimé à 1,2 milliard d’euros chaque année. L’augmentation des coûts d’hospitalisation liés aux vagues de chaleur est estimée à 30 millions d’euros par an, la baisse de productivité liée aux vagues de chaleur est estimée à 1,1 % du PIB wallon chaque année soit 1,15 milliard d’euros.

Certes, l’été est la saison des fortes chaleurs. Mais au-delà de phénomènes ponctuels liés à la variabilité du climat, les tendances lourdes sont très claires. L’influence humaine sur le climat pousse la température moyenne à la hausse (déjà 1,1ºC de plus par rapport à l’ère préindustrielle) et rend ces extrêmes plus précoces, plus fréquents et plus marqués.






Par Michel De Muelenaere

Journaliste au service Société
Le 10/07/2022 à 19:12


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