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Jumbo-Visma marque déjà son territoire à la Vuelta

Jumbo-Visma marque déjà son territoire à la Vuelta

Jumbo-Visma n’est donc pas rassasiée. Après avoir dominé la dernière Grande Boucle, elle a déjà pris le pouvoir à la Vuelta, avec pour la plupart d’autres coureurs (sauf Kuss et Roglic). Il est vrai qu’avec des rouleurs de la trempe de Roglic, d’Affini, de Dennis et de Teunissen, elle pouvait voir venir l’opposition. Pour l’équipe qui jouait à domicile, la victoire dans ce chrono était clairement un objectif.

« Nous, on voulait surtout limiter la casse, perdre le moins de temps possible et faire le meilleur chrono », analysa de son côté Remco Evenepoel. « Si nous avions voulu gagner, il fallait venir avec Kasper Asgreen, Yves Lampaert, Mattia Cattaneo mais nous avons d’autres ambitions. Je n’avais que Rémi Cavagna comme spécialiste. 14 secondes de retard, c’est même plutôt une performance ! »

Le sourire et la bonne humeur du Belge parvinrent presque aux étoiles, plutôt inattendues tandis que l’obscurité s’abattait sur Utrecht. Le ciel avait en effet suspendu son humeur maussade car la pluie s’était en effet invitée sur le coup de 15 heures, imposant aux concurrents une reconnaissance compliquée d’un circuit urbain plutôt technique. Une drache dont chacun avait presque oublié les vicissitudes mais qui s’effaça comme par miracle. Il n’y eut donc aucune chute, aucun désagrément, et c’est bien heureux par rapport à un exercice dangereux.

Si Ineos et Quick-Step s’installèrent sur le podium au détriment de BikeExchange, longtemps meilleur temps, il n’y avait strictement rien à faire, comme prévu, par rapport à l’équipe Jumbo-Visma. La machine jaune et noir était inaccessible. Elle avait du reste remporté le chrono collectif de Bruxelles, en 2019, au Tour de France, où Teunissen avait conforté son maillot jaune après avoir remporté la première étape au sprint.

Le finisseur de l’équipe néerlandaise était pressenti pour remettre le couvert et endosser le maillot rouge mais c’est le vétéran Robert Gesink qui lui a été préféré. À 36 ans, le plus fidèle serviteur de l’équipe néerlandaise méritait assurément cette faveur. L’ancien vainqueur des GP de Québec et de Montréal a rangé, depuis dix ans, ses ambitions personnelles au profit d’un boulot d’équipier. Le passage de Teunissen, l’année prochaine, dans les rangs d’Intermarché pouvait aussi expliquer cela, même si le bonhomme aura une chance de prendre le maillot rouge ce samedi à la faveur du sprint !

Quick-Step a donc déboursé 14 secondes, Ineos 13 sur les hommes de Roglic. C’est peu et beaucoup à la fois comme l’évoquait Julian Alaphilippe, qui a tout donné à l’image de son équipe. « Quand on a des moteurs comme Rémi Cavagna et Remco Evenepoel, un chrono pareil, c’est une réelle souffrance. Il n’y a jamais eu la possibilité de respirer ou de récupérer, même dans les virages de la première moitié du parcours. 14 secondes, c’est beaucoup en théorie mais j’estime que nous avons réalisé une bonne performance car nous avons tout donné. Nous ne devons avoir aucun regret. »

Déjà une belle opération pour Remco Evenepoel

Remco Evenepoel a fini très fort, au point de mettre certains dans le rouge, affichant là sa volonté de terminer le travail en boulet de canon et de passer la ligne en premier en contradiction par rapport avec ce qu’il avait dit. « En dernière minute, dans le bus au briefing, en sachant que je devais finir le travail à fond, nous avons décidé que c’est moi qui devais passer mais cela ne change rien ! »

S’il concède 14 secondes à Roglic, le Belge possède déjà un coussin appréciable sur des rivaux directs susceptibles de viser le podium. Richard Carapaz (Ineos) le devance certes d’une seconde mais le Brabançon précède Simon Yates de 17 secondes, Almeida de 19, Hindley, Landa et Mas de 30 et Uran d’une minute. C’est plutôt appréciable après une journée sans stress, sans casse, sans chute, sans souci.

« Un classement général, cela se joue tous les jours », poursuit Julian Alaphilippe. « Voyez ainsi, ces deux jours qui arrivent aux Pays-Bas ne nous conviennent pas parce que, une fois n’est pas coutume, nous n’avons pas de sprinter mais ce n’est pas pour cela qu’on va dormir (rires). Il faut conserver un maximum de concentration, éviter les chutes et les cassures inutiles. »

« Moi, je veux surtout féliciter et remercier les équipiers », conclut Evenepoel. « 14 secondes au départ d’une course qui dure trois semaines, ce n’est rien ! Jumbo était à la maison, elle avait ce petit détail de motivation en plus, le soutien du public. Je suis content de mes sensations. J’ai gardé la même vitesse dans des relais de plus d’un kilomètre. Il faut maintenant se concentrer pour sortir des Pays-Bas sans chute ni perte de temps. »






Par Stépahne Thirion, envoyé spécial à Utrecht

Le 19/08/2022 à 22:36


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