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Jonas Vingegaard, vainqueur de son premier Tour de France: «J’en veux plus»

Jonas Vingegaard, vainqueur de son premier Tour de France: «J’en veux plus»

Jonas, c’est votre deuxième Tour de France et vous finissez déjà en jaune. Êtes-vous surpris d’y arriver si vite ?

Oui et non. Je savais, après ma deuxième place l’année dernière, que j’avais le niveau pour gagner mais c’est toujours une autre paire de manches de concrétiser. J’ai toujours cru en moi, en ma chance d’y parvenir et arriver à gagner le Tour, c’est incroyable. C’est la plus grande chose à réussir dans le vélo. C’est dur d’y mettre des mots. Ça a été trois semaines incroyables. Et les trois jours au Danemark aussi. Ce Grand Départ dans mon pays, c’est quelque chose que je ne vais pas oublier

Avez-vous connu des moments de doutes ?

Oui, un. Sur l’étape des pavés. Là j’étais vraiment en difficulté. J’ai eu un problème avec ma chaîne, je n’ai pas su gérer mes émotions et j’ai paniqué. J’ai changé de vélo quatre ou cinq fois. C’est vraiment le seul moment où ça ne s’est pas passé à la perfection. Pour tout le reste, on a suivi le plan.

Il y a aussi le chrono, ce samedi…

Oui, c’est vrai. J’ai failli faire un infar’ quand j’ai perdu le contrôle de ma machine. Je n’avais pourtant pas l’impression de prendre des risques mais j’ai commis une erreur. Il y avait pas mal de petites bosses dans le virage, je n’ai pas pu compenser et suis sorti de la trajectoire. Heureusement, j’ai pu récupérer le coup. Heureusement, vraiment… J’ai du coup levé le pied sur la fin, même si je ne pense pas que j’aurais battu Wout (Van Aert) qui était très fort. Je suis heureux pour lui.

Justement, si le Belge décide de viser le Tour, vous seriez prêt à partager le leadership avec lui ?

Oui, pourquoi pas. Je ne crois pas que ce soit dans ses ambitions mais s’il veut devenir grimpeur, bien sûr que je partagerai avec lui. Avoir deux leaders, c’est intéressant.

Primoz Roglic avait perdu le Tour dans l’exercice en solitaire il y a deux ans, vous y confirmez votre victoire. Vous y avez pensé ?

Oui, c’est un soulagement, je suis tellement heureux et fier. Ce qui s’est passé il y a deux ans était dans nos mémoires. Cela ne nous faisait pas peur, mais on ne voulait pas que ça se reproduise. L’équipe a été incroyable, voir Wout aussi ému, cela montre à quel point nous sommes proches dans cette équipe. Tous ces gars-là sont mes frères. Nous étions à la base venus avec l’objectif du jaune et du vert. Bien sûr, on pensait aux étapes mais six, c’est très spécial. On n’aurait pas pu rêver mieux.

Vous avez énormément progressé contre le chrono, comment l’expliquez-vous ?

Grâce à l’aérodynamisme. Bien sûr, j’ai progressé en tant que coureur, je pousse plus de watts mais, surtout, je suis beaucoup mieux sur la machine. Avec l’équipe, j’ai réalisé énormément de tests en soufflerie, j’ai beaucoup travaillé sur ma position sur le vélo. Ça a payé.

Et en tant qu’homme, en quoi avez-vous changé depuis vos débuts ?

En croyant en moi beaucoup plus qu’avant. J’ai grandi, j’ai mûri.

Vous parliez, l’année dernière, d’un problème de nervosité…

On m’a poussé dans des situations compliquées. Avant, une chose que je n’aimais pas, je l’évitais mais mon entourage m’a poussé à faire face et c’est comme ça qu’on grandit, petit à petit. Qu’on prend un peu plus de poils sur le torse, si j’ose dire. Désormais, si je suis stressé, je me lève, qu’importe l’heure.

À quoi avez-vous pensé en coupant la ligne finale ?

C’est très émouvant de remporter le Tour. Être sur la ligne avec ma famille, cette expérience, je voulais la partager avec elles. C’est très important. La signification est énorme pour moi, je suis très heureux que ma femme et ma fille soient là.

Vous êtes quelqu’un de plutôt énigmatique. En dehors du vélo, quels sont vos passions, vos hobbies ?

De base, j’aime reste avec ma famille, en profiter à la maison ce que je ne peux que rarement faire. Être avec mes femmes, c’est ce qui compte. Elles me soutiennent.

Vous êtes conscient que votre vie va changer ?

Je ne sais pas si les choses vont changer. On va voir…

Comprenez-vous les doutes que peuvent soulever les brillantes statistiques de votre équipe sur ce Tour ?

Vous savez d’où on vient (NDLR : des cendres de Rabobank, avec un temps le patronyme Blanco pour se départir du dopage). On est totalement propre, je peux vous le dire à toutes et tous, personne ne prend rien d’illégal chez Jumbo-Visma. Pourquoi on est si bon ? C’est la préparation, la multiplication des stages où on va vraiment très loin. Le matériel, la nourriture, l’entraînement. L’équipe est vraiment la meilleure niveau préparation. C’est la raison pour laquelle vous devez nous faire confiance.

Vous avez un Tour de France au palmarès, vous êtes-vous fixé un autre objectif ?

Non, je veux juste célébrer cette victoire. J’en suis très heureux. Bien sûr, je veux revenir pour encore en remporter un autre mais je ne me suis pas fixé un chiffre, je veux juste revenir et gagner.

Quelle relation avez-vous avec Tadej Pogacar ?

Tadej et moi, nous avons une bonne relation. On ne se voit pas dans le privé mais on se respecte, c’est un super gars, un énorme champion. C’est certain qu’il en veut plus mais moi aussi. Je suis très heureux ce que j’ai accompli mais j’en veux plus.






Par Sebastien Close

Le 24/07/2022 à 20:50


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