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Grands vainqueurs, «Un monde» et «Une vie démente» raflent chacun 7 Magritte

Grands vainqueurs, «Un monde» et «Une vie démente» raflent chacun 7 Magritte

Révolution ! ont crié les drag-queens hautes en couleur introduisant la 11e édition des Magritte du cinéma. Quelle révolution ? Pas celle de la présentation. Grosse déception devant un plateau froid aux allures de hall de gare avec escalator, des flottements, des temps morts, un humour belge un peu congelé dans une cage de verre bleutée, une voix off pas vraiment envoûtante, ni drôle, ni attachante et une rythmique qui rappelait dramatiquement le monde d’avant… Pourtant, les efforts, orchestrés par Nathalie Uffner à la mise en scène, Myriam Leroy et Sébastien Ministru à l’écriture, Laurence Bibot, Ingrid Heiderscheidt, Dena, Achille Ridolfi et Bwanga Pilipili en maîtresses et maître de cérémonie, n’ont pas manqué. Mais justement, on sentait l’effort pour faire spectacle et rien n’était fluide, évident, vivant, accrocheur, hilarant. Jamais la chaleur, une convivialité n’ont passé la rampe de l’écran. La distanciation était réfrigérante. On s’est ennuyé trop, beaucoup trop lors de cette cérémonie présidée par Thierry Michel, très professoral. Dommage. Même les moments qui auraient dû amener l’émotion, avec Jane Birkin et le fils de Marion Hänsel, ont glissé dans une monotonie abyssale. On espère juste que les interviews des réalisateurs, réalisés avec sensibilité par Nathalie Uffner, directrice du Théâtre de la Toison d’or, à qui l’Académie André Delvaux avait donné carte blanche pour donner vie à la cérémonie, donneront envie aux spectateurs d’aller découvrir leur univers car ça vaut le coup et le cinéma, ça change la vie.

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let cx = localStorage.getItem(“cxSegments”),
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// Limitation de la longueur de la chaine de caractère
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Le renouveau du cinéma belge

La révolution était ailleurs. Dans le choix des 700 votants, membres de l’Académie André Delvaux, qui ont plébiscité la nouvelle génération ! Un choix tranché, clair, sans ambiguïté pour deux premiers longs-métrages qui nous avaient enchantés lors de leur sortie en salle et étaient en tête des nominations. Sept Magritte pour Laura Wandel et son film sur le harcèlement scolaire Un monde. Sept Magritte pour Ann Sirot et Raphaël Balboni et leur film sur une maladie neurodégénérative Une vie démente. Partage équitable dans une logique d’évidence (le son pour Un monde, les costumes pour Une vie démente, par exemple) et qui a rythmé la soirée.

La liste des lauréats ne veut pas dire que Joachim Lafosse, Fabrice Du Welz, Frédéric Fonteyne sont moins bons ou qu’ils ont tout à coup pris un coup de vieux. Leurs films qu’on vous invite à voir sur la plateforme Sooner (dans la collection Magritte) participent fortement à l’identité du cinéma belge dans sa diversité. Simplement, à côté d’eux, une nouvelle génération est en train de s’épanouir superbement. Ce n’est que bonus pour le cinéma belge et le public.

Laura Wandel, née au Festival de Cannes et primée un peu partout, a reçu le plus beau des Magritte, celui qu’on ne peut avoir qu’une seule fois, le Magritte du meilleur premier film, mais aussi celui de la meilleure réalisation. Preuve qu’une grande réalisatrice, qui se bat pour un cinéma de sens, est en devenir. Une vie démente, de Ann Sirot et Raphaël Balboni, a été sacré meilleur film, manière de saluer une manière joyeuse et dynamique de faire un film. Car cette production légère pleine d’audace formelle et inspirée d’un vécu poignant, défend un parti-pris jouissif dans lequel les acteurs excellent. Jo Deseure, magnifique comédienne transcendant la folie de son personnage en rébellion festive, reçoit le Magritte de la meilleure actrice et on ne pouvait pas penser autrement. Outsider, Jean Le Peltier, si juste en fils troublé, déstabilisé, perdu de devoir devenir le parent de son parent, reçoit le Magritte du meilleur acteur pour son premier grand rôle au cinéma. Gilles Remiche, dans le rôle de l’ami, repart avec le Magritte du meilleur acteur dans un second rôle.

En toute logique toujours, les deux jeunes acteurs de Un monde, Maya Vanderbeque et Günter Duret, sont désignés meilleur espoir masculin et féminin. Laura Wandel nous avait d’ailleurs confiés à propos de son travail avec eux : « Je voulais une véracité, que les enfants apportent une part de créativité et qu’on crée le film ensemble. Ce fut un long processus. Quand Maya est arrivée au casting, elle n’avait que 7 ans et m’a dit : « Je veux donner toute ma force à ce film. » C’était bouleversant. Le film ayant des problèmes de financement, on a reporté le tournage d’un an et cela m’a permis de lui apprendre à nager. Cela a créé un lien très fort entre nous. Je ne voulais pas donner le scénario aux enfants. J’ai travaillé avec une orthopédagogue, Perrine Bigot. On a appris aux enfants à ne pas regarder la caméra. Pendant trois mois, on s’est vu tous les week-ends, organisant différents groupes. On leur expliquait le début d’une séance en leur demandant ce qu’ils feraient. On leur demandait ensuite d’improviser pour qu’ils intègrent l’action au niveau du corps. Ensuite, on leur demandait de dessiner. On a parcouru tout le scénario ainsi. À la fin, ils avaient chacun leur scénario visuel. Ce fut fascinant. Les enfants étaient non-stop dans la découverte et la créativité. » Le résultat à l’écran est magistral.

Dans Une vie démente, il y a ce cheminement vers l’émancipation, une manière de se réinventer. Et comme nous avaient confié Ann Sirot et Raphaël Balboni, « ce n’est pas ce qu’il arrive, mais ce qu’on fait de ce qu’il nous arrive. » On a hâte de voir leur prochain film comme on a hâte d’être embarqué dans le nouveau monde de Laura Wandel.






Par Fabienne Bradfer

Journaliste au service Culture
Le 13/02/2022 à 00:47


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