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Entre l’Union et Anderlecht, il faudra bien choisir un jour

Entre l’Union et Anderlecht, il faudra bien choisir un jour

Le prélude à ce derby a marqué un tournant que l’on qualifiera peut-être un jour de décisif dans la lutte pour l’hégémonie sur la capitale. La fin de la semaine écoulée a en effet été rythmée par une vaste offensive de charme auprès du public bruxellois. L’histoire, le blason, la fierté, les couleurs : tout, absolument tout a été décliné sur les réseaux sociaux par les cellules de communication des deux clubs. Sans attaque ad nominem certes, mais à coup de contre-attaques systématiques. Du mauve dans les veines, un salut à la condescendance plus ou moins voilée aux voisins saint-gillois, un drapeau bleu et or qui ne se plante pas mais qui se porte, et même un Mazzù en porte-voix d’une ode surprenante à Bruxelles. Felice, ou l’histoire d’un Carolo pur sucre qui aurait soudain assuré la transition entre les terrils du Pays noir et la Butte en l’espace de quelques dizaines de secondes. Le temps d’un clip où l’on y croirait presque.

L’Union en (re)conquête, Anderlecht en (re)construction : chacune des deux entités tente de jouer sur l’image et la corde sensible du public. A savoir l’identité. Rien de neuf sous le soleil, les logos des clubs du monde, jusque dans les coins les plus reculés ou dans les divisions les plus modestes, se cousent côté cœur sur le maillot. Et pas ailleurs.

Mais ces derniers jours, chacun a voulu marquer son territoire, en se réclamant le dépositaire de la griffe bruxelloise et son inimitable parfum de zwanze et de légitimité. La guerre des quartiers n’autorise pas le moindre… quartier. Chaque jour, chaque semaine, chaque mois compte désormais afin de ne pas concéder le moindre pouce de terrain à un adversaire qui démarche dans une zone de chalandise où l’on compte aussi le RWDM, pas loin de pouvoir, lui aussi, se retrouver un jour en position de revendiquer sa part de gâteau.

Dans les deux ou trois ans à venir, tout se passera donc à la fois dans le cœur et le portefeuille du supporter. Ce même supporter qui, dans le cas de l’Union et d’Anderlecht, se partage encore souvent entre les deux clubs. Il fut un temps, pas encore si lointain, où l’amateur de foot de la capitale cumulait les escapades au stade au cours du même week-end : le samedi soir au parc Astrid et le dimanche après-midi au parc Duden. Avec le cœur et la raison à parts égales ou non entre les deux clubs. L’écart de divisions (de la D1 jusqu’à la Promotion) a longtemps permis cette curieuse bigamie affective. Mais maintenant que le rééquilibrage s’est effectué au niveau de l’élite (et y compris dans les plus hautes sphères du classement à l’heure actuelle), combien de temps durera-t-elle ?

Avec la perspective d’un nouveau stade dans les trois ou quatre ans (au Bempt ou ailleurs à Forest, qu’importe puisque l’enveloppe de 70 à 100 millions est prête du côté de Brighton), l’Union risque bientôt d’emménager dans ses nouveaux meubles. Au risque, qui sait, de perdre cette part de folklore (mais pas forcément de hype) propre à son stade historique. Un virage qui coïncidera avec un renforcement d’une identité à la fois sienne et nouvelle. Ce qui modifiera les mœurs au niveau des supporters. Et induira sans doute un choix plus marqué si les résultats actuels des Saint-Gillois devaient continuer à faire de l’ombre à ce Sporting qui, à l’exception de l’éphémère efflorescence du RWDM au milieu des années 70, avait régné sans partage et sans concurrence pendant un demi-siècle.

Pas aujourd’hui, ni peut-être demain, mais à coup sûr après-demain, le supporter bruxellois devra opter pour la couleur de son écharpe. Entre Anderlecht et l’Union, il lui faudra bien choisir un jour.






Par Frédéric Larsimont

Le 31/01/2022 à 00:06


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