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Anderlecht: Kristian Arnstad, joyau du Grand Nord

Anderlecht: Kristian Arnstad, joyau du Grand Nord

Trop occupés à discuter entre eux et à prédire le résultat du match entre Anderlecht et l’Antwerp programmé quelques minutes plus tard, les journalistes ne font guère attention à l’intrusion dans leur salle de presse de Frank Arnesen, alors directeur sportif du RSCA, en compagnie d’un couple et d’un jeune garçon aux cheveux longs. Pas plus d’effervescence lorsque ce dernier pose avec un maillot d’Anderlecht devant le panneau des sponsors au plus grand bonheur de ses parents. Et de celui d’Arnesen, convaincu d’avoir flairé la bonne affaire en enrôlant ce milieu de terrain venu en droite ligne du club de Stabaek. Son nom : Krisitian Arnstad.

Quelques heures et un douloureux revers face au « Great Old » (1-2) plus tard, le Sporting officialise l’arrivée du Norvégien tout en prônant la patience tant pour le joueur – il fera d’abord ses armes chez les espoirs –, que pour les fans mauves. Il aura fallu attendre presque trois ans.

Après cette fameuse première titularisation où le costume était bien trop grand pour lui en octobre 2020 – soit un peu plus d’un an après son arrivée en Belgique – et une montée au jeu plus convaincante à Courtrai en fin de phase classique de l’exercice en cours, le capitaine des U19 de son pays a, enfin, pu montrer de quoi il était capable face aux « Blauw en Zwart » dimanche dernier, 21 mois après son arrivée.

Une étape importante pour le principal intéressé conscient, à l’instar de tout Neerpede, que le plus dur est à venir – dès dimanche à l’Antwerp si Vincent Kompany lui réitère sa confiance – dans un monde du football où tout est remis en question à chaque coup d’envoi. Un univers impitoyable mais bien connu du clan « Arnstad ».

« Il incarne le futur du football norvégien »

Si Kristian a déposé ses valises à Neerpede, il est le fils d’un ancien pensionnaire de D2 norvégienne alors que son grand frère joue en D3 et sa petite sœur à Heming où l’actuel médian du Sporting a tapé dans ses premiers ballons. Avant de prendre la direction de Stabaek, club réputé pour la détection et le développement des jeunes éléments à haut potentiel. Dont Arnstad fait partie. « Dans sa génération, il est vu comme un joyau », estime Jonas Adnan Giaever, journaliste au Dagbladet. « Il n’a jamais été considéré à l’égal de Martin Odegaard qui a joué en D1 norvégienne à 15 ans avant de signer au Real Madrid. Même Haaland n’avait jamais été considéré comme Odegaard quand il était plus jeune et regardez où il en est aujourd’hui. Sans avoir eu le statut d’Odegaard, Arnstad incarne le futur du football norvégien. Beaucoup de gens ont été surpris de son départ pour la Belgique mais il a pris un chemin qui lui convient. »

Parce qu’au cœur de son adolescence, le Norvégien avait l’embarras du choix au moment de faire le grand saut vers l’étranger. Tant ses qualités de meneur que sa finesse technique et son sens du jeu avaient tapé dans l’œil de nombreux clubs européens. Pourtant grand fan de Liverpool et de Steven Gerrard, il a eu l’occasion de faire un test d’une semaine à Manchester United. Il a également été invité à visiter « De Toekomst », le centre de formation de l’Ajax Amsterdam sans oublier ses quelques touches avec le Milan AC.

C’est finalement Anderlecht, par l’entremise d’Arnesen réussissant là son meilleur coup chez les Mauves, qui décroche la timbale en signant le médian à ses 16 ans. « On avait reçu de très belles offres mais on a opté pour Anderlecht pour plusieurs raisons », explique son père, Roar, avant de les détailler. « D’abord, on voulait que la qualité de la formation soit top. Ensuite, On voulait que Kristian ait l’enseignement qu’il mérite (NDLR : il va à l’école secondaire en néerlandais). Vous savez, ce n’est pas simple de laisser son fils partir à l’étranger à seulement 16 ans. On a eu un très bon contact avec sa famille d’accueil. Ils l’ont aidé à obtenir son permis de conduire. Ce sont de détails mais c’est très important à nos yeux. »

Il n’hésite jamais à mettre le pied

Une « deuxième » famille, présente à Saint-Guidon dimanche dernier, capable de soutenir le Norvégien dans les moments les plus délicats. Parce qu’avant de briller contre Bruges, Kristian Arnstad a dû prendre son mal en patience à Neerpede. Si ce n’était guère un souci au début, au fil du temps, celui qui est actuellement en discussion avec le RSCA pour prolonger son contrat courant jusqu’en juin 2023 s’impatientait en voyant d’autres jeunes éléments recevoir leur chance chez les « A » et pas lui. Alors qu’il s’est érigé comme un pilier de l’équipe espoirs ayant obtenu son billet pour la D1B. « J’ai été surpris par sa patience », indique Jonas Adnan Giaever. La raison principale : son physique.

Après l’échec de sa première au stade Jan Breydel en octobre 2020, il était évident que le gamin devait prendre du muscle et de la masse pour affronter les adultes. Depuis lors, celui qui culmine à 1m65 en a passé des heures dans la salle de musculation en solo pour s’endurcir. « C’est un vainqueur né qui refuse l’échec et l’abandon », ajoute Giaever. Le paternel abonde. « J’admire sa mentalité. » Ce fort caractère, on le retrouve aussi sur les terrains. Face aux hommes d’Alfred Schreuder, et comme il l’a toujours fait chez les espoirs mauves ou en sélection d’âge, il n’a jamais esquivé le moindre duel même face à des garçons comme Vormer. « Depuis toujours, c’est un combattant sur le terrain », précise Roar Arnstad.

Un trait de caractère qui a cruellement manqué dans les rangs du Sporting ces derniers mois. Et que le gamin né Oslo a à cœur d’insuffler dans la capitale. Avant de sans doute s’envoler vers des destinations plus huppées. Quand il estimera le temps venu.






Par Guillaume Raedts

Le 5/05/2022 à 21:56


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